La bourse des minéraux
Jeudi 21 juin 2007, les CM1 et CM2 de l'école du Centre d'Ingersheim sont partis à Sainte-Marie-aux-Mines pour visiter la bourse des minéraux.

INTRODUCTION
Cet événement est un rassemblement de plus de 900 exposants de 60 pays différents. Ils vendent des minéraux, des bijoux, des fossiles, des gemmes, des objets décoratifs, des instruments de musique, des outils pour travailler le minerai etc. Il y a deux sites d'exposition : « Euro Mineral » et « Euro Gem ». Nous, on a visité « Euro Mineral ». Les pierres les plus précieuses étaient dans les bâtiments : dans le théâtre, dans le lycée, dans la salle de gym, dans les hangars d'usine etc. Le reste des pierres était exposé sous des tentes.
Le jeudi et le vendredi, l'espace est réservé aux professionnels (bijoutiers, collectionneurs, archéologues, grossistes etc.). Pour les touristes, c'est le samedi et le dimanche.
Ils peuvent exposer dans le lycée parce qu'aucun élève, ni au collège, ni au lycée, ni en primaire n'a cours durant la semaine que dure la bourse. Les élèves aident : ils traduisent en anglais ou en allemand, ils tiennent la buvette et vendent des sandwich, s'occupent des parking etc.

L'ARRIVEE
Nous sommes partis en bus à 7h15 de l'école, sous la pluie battante. Nous avons regardé Jumanji pour faire passer le temps. Nous sommes passés par Kaysersberg, Hachimette, le Bonhomme et le col des Bagenelles. Ce trajet a duré 1h15 à cause des travaux sur la route. Des élèves se sont sentis mal.
Au centre de la bourse, il y avait une tente qui s'appelait le point « i ». C'était notre repère si on se perdait. Personne ne s'est perdu. On a rencontré deux guides qui s'appelaient Lucille et Étienne.

LE FEU
La première activité que nous avons faite était sur le feu. Les hommes préhistoriques se servaient du feu naturel quand la foudre tombait sur les arbres, ou la lave des volcans etc. Homo erectus était quelqu'un capable de produire du feu : il frottait une marcassite contre un silex pour produire des étincelles. On peut aussi produire des étincelles avec deux silex mais elles sont moins chaudes, alors c'est pas efficace. Les hommes préhistoriques frottaient la marcassite sur un champignon : l'amadou. C'est une espèce de champignon très inflammable. Ce procédé produit de la fumée et des braises. Et avec, on peut produire du feu !!!
Ensuite, nous avons divisé la classe en deux groupes : peinture pariétale, maquillage et musique, ou météorite et fossilisation.


LA PEINURE PARIETALE
Pour la peinture pariétale, on devait peindre des petites planches de bois avec des brindilles. La peinture, en fait, c'était de l'ocre mélangée à de l'eau. Ça faisait de la boue. Il y avait du brun, du noir, du bordeaux, du rouge, du jaune. Il fallait prendre des brindilles, les tremper dans de la boue ocreuse et peindre sur des rectangles de bois des animaux préhistoriques. Il y avait des photos de dessins faits dans des grottes, comme la grotte de Lascaux, par exemple. Comme animaux, il y avait des mammouths, des tigres à dents de sabre, des rennes, des sortes de caribous, des sangliers préhistoriques (ils avaient des traits sur le dos), des aurochs... On a pu garder ce qu'on a peint.
Notre guide nous a donné plusieurs hypothèses pour expliquer la présence de représentations rupestres dans le fond des grottes : pour marquer son territoire, pour décorer comme des tapisseries aujourd'hui etc.

MAQUILLAGE
Ensuite on est rentré dans la salle pour le maquillage. La maquilleuse nous a expliqué à quoi pouvait servir le maquillage. Il y a plusieurs solutions : à se faire beau, comme si nous on s'habillait bien, pour montrer qui est le héros de la tribu, pour aller à la chasse et se camoufler... aujourd'hui, en Afrique, on se maquille encore. On passe toute la journée à se maquiller. On nous a montré plein de photos de tribus qui sont maquillées de la tête aux pieds.
Deux élèves ont été choisis pour être maquillés : Louis et Daphné au CM2. « J'avais l'impression d'être emplâtré, c'était pâteux, en fait. Ça donnait des démangeaisons très bizarres. C'était froid et ça ne sentait pas très bon », nous confie Louis. Lui, il s'était transformé en tigre. Daphné, elle avait des fleurs roses sur le visage. Comme il n'était possible que de maquiller deux personnes, les autres, pour ne pas être trop déçus, ils ont eu des tampons d'animaux préhistoriques sur le dessus de la main.

MUSIQUE
Puis, Étienne nous a emmenés vers un drôle de tipi. Nous avons vu des silex posés suspendus sur des cordes et des bouts d'ardoise suspendus à des cordes. On a été accueillis dans le stand par un monsieur qui nous a joué un morceau de musique avec un didjeridoo. Ensuite, il nous a montré comment on faisait les toutes premières flûtes : on utilisait un os et on perçait des trous avec des silex pointus. Il y avait aussi d'autres flûtes plus grosses qui donnaient un autre son. Il y avait quelques notes déjà, mais pas encore toutes. Seulement ensuite, les hommes préhistoriques fabriquaient des flûtes avec toutes les notes, mais le son était complètement différent. Elles avaient aussi des becs et ressemblaient aux flûtes d'aujourd'hui.
Il y avait aussi un instrument bizarre : c'était une petite planchette de bois avec des trous dedans. Elle était reliée à une longue ficelle. On tient la ficelle de toutes ses forces et on fait tourner la planchette dans les airs. Ça faisait un son bizarre mais très fort et grave. Ça ressemblait à une hélice qui démarrait ou à un éléphant qui se mouchait. Ces instruments là servaient à envoyer des signaux et à communiquer entre les différentes tribus. C'est un peu comme l'ancêtre de notre téléphone, en quelque sorte.
Ensuite, avec l'ardoise suspendue, notre musicien tapait avec un petit bâton dessus et ça faisait comme un carillon. Après on a joué de l'ancêtre du xylophone : chaque élève avait une mailloche en main et on devait taper des rythmes sur les silex. Toutes les pierres ne faisaient pas le même son : aigu, ou grave... Un élève commençait à faire un rythme et les autres continuaient avec lui en faisant un rythme chaque fois différent. C'était compliqué parce qu'on se trompait souvent de rythme et il fallait garder la régularité, et nous, on avait tendance à accélérer.
Après la musique des cavernes, on est passés devant un grand squelette de dinosaure pour nous diriger vers l'atelier des météorites. Il y avait une dame qui nous montrait différentes météorites. Il y en avaient de toutes sortes, certaines brillaient. Un moment, la dame nous a dit que pas loin d'ici, il y avait une météorite qui était tombée. En fait, c'est pas si grand que ça, ça peut même être tout petit. Dans une boîte avec une grosse loupe on voyait une pierre toute plate. Elle était grise avec des morceaux noirs, et quand on regardait la pierre à travers la loupe, le gris devenait transparent et on ne voyait que les morceaux noirs. Chez un autre monsieur, on a regardé des morceaux de météorite au microscope binoculaire : on y voyait tous les détails qu'on ne pouvait pas voir comme ça.

LA FOSSILISATION
Pendant ce temps, les autres élèves du groupe sont allés écouter comment se fait la fossilisation. Il y avait des maquettes. En premier lieu, des animaux (des crustacés comme le calamar, les ammonites) morts entre dix et cent millions d'années. Sur cent de ces animaux il y en avait environ un ou deux qui étaient prisonniers de la roche. Sur la troisième maquette, on voyait le corps décomposé des animaux : on en voyait un tout petit bout pris au piège dans un gros bloc de pierre. On pouvait aussi voir le niveau de l'eau qui baissait au fil des années. Enfin, sur la dernière maquette, on voyait qu'il n'y a avait plus d'eau. L'animal était complètement fossilisé et dépassait d'un petit bout de la falaise. On pouvait également constater que le corail qui était présent sur la première maquette avait disparu. Cela suggérait que des millions d'années s'étaient écoulées. Nous avons ensuite quitté cette passionnante activité et nous savions alors comment s'était passée la fossilisation.

DEJEUNER AU SEC
Après, c'était l'heure de déjeuner. On aurait dû aller au parc Jules Simon. C'est un grand parc avec de la verdure et une petite tonnelle pour s'abriter. Mais il ne faisait pas très chaud. Alors, le père de Maryline qui est directeur de l'école Aalberg à Sainte-Marie-aux-Mines nous a proposé d'aller manger à l'abri dans la salle de sport. Là, il y avait les deux frères de Maryline : Antonin et Noël. Le pasteur de la ville était aussi là. Ensemble, ils s'occupaient du parking de l'école.
Après déjeuner, nous sommes revenus dans la bourse et nous avons continué nos activités. Un atelier moulage, l'orpaillage et le nettoyage de pierres et fossiles.


LE MOULAGE
Pour le moulage, c'était super facile. On était sous une tente. Un monsieur nous a donné du plâtre. On a ensuite choisi un moule et on a mis le plâtre dedans, avec nos mains. Après on a rempli à raz-bord et on a laissé sécher. On s'est lavé les mains et on a sorti le plâtre du moule. Il y avait différentes choses : une tête de dinosaure, des pattes, des empreintes, des poissons fossilisés, un bébé dinosaure dans un oeuf etc. On avait les vêtements plein de plâtre.

LE NETTOYAGE
Juste à côté, il y avait l'atelier de nettoyage. On avait des fossiles récupérés. Alors il fallait les nettoyer. Pour cela, on a mis le fossile dans une boîte en verre, on a enfilé des gants et on a pris un petit tuyau qui envoyait du sable sous pression avec de l'air. En approchant le tuyau du fossile, la poussière se nettoyait et on voyait le coquillage. Parfois, comme on n'est pas des professionnels, on mettait le tuyau trop près et le coquillage se cassait.

ORPAILLAGE
Le responsable de l'activité d'orpaillage était drôle. Il avait les cheveux longs et une barbe grise. Il était chercheur d'or pour de vrai et il cherchait de l'or dans le Rhin. Il avait ramené des bacs d'eau du Rhin et il nous a montré comment chercher de l'or. Avec des espèces d'assiettes chinoises en fer. On prenait du sable et de l'eau et on tournait l'assiette jusqu'à ce qu'il n'y ait plus qu'un petit fond de sable. Comme l'or est plus lourd que le sable, il était dans ce petit fond. C'étaient des paillettes d'or de la taille d'un grain de sable, c'étaient pas des pépites ! Beaucoup de notre classe sont allés voir le monsieur pour lui demander : « ce sont des pépites d'or ? » Il a dû être agacé car c'est difficile de tenir avec 24 personnes comme nous ! Certains élèves n'ont pas trouvé d'or, le maximum, c'était de trouver 4 paillettes d'or en un coup. Beaucoup d'élèves se sont disputé pour avoir l'assiette, parce qu'il n'y en avait pas assez pour tout le monde. Certains essayaient directement avec les mains, mais aucune pépite n'a été trouvée comme ça. Les paillettes trouvées, on a pu les garder, le monsieur nous les scotchait sur un bout de carton noir pour qu'on puisse bien voir l'or.

CADEAUX
Et voilà pour les activités. Ensuite, nos guides nous ont ramené à l'activité fossile où chacun a reçu quelques échantillons de pierres en souvenir de la bourse. Par exemple, il y avait de l'améthyste du Brésil, la pyrite du Pérou, la rose des sables du Maroc, les dents de requin du Maroc, des aragonites du Mexique, de la serpentine de France, des ammonites, du granit, de la fluorine, du grenat, de la citrine etc.
En dernier, avant de partir, on a pu observer les stands pour pouvoir acheter des souvenirs. Certains ont acheté des colliers avec des pierres, des bracelets magnétiques, du souffre, de l'ambre etc. D'autres n'avaient pas d'argent alors ils ont été malin : ils regardaient par terre, car il y avait des petits éclats de pierre cassée qu'on pouvait récupérer. Et même qu'un moment donné, Dylan est allé voir la maîtresse, il lui a demandé ce que c'était en lui montrant un petit morceau bleuté. Et là, la maîtresse a éclaté de rire, parce que c'était juste un bout de plastique !

THE END
Après nous sommes remontés vers le bus. On pouvait encore s'arrêter en dernière minute, mais pas redescendre. Et Puis on est reparti vers Ingersheim. La pluie nous a un peu gâché la journée, mais malgré cela, on s'est bien amusé et c'était une chouette journée. Et dans le bus, on a regardé la fin de Jumanji. Nos sacs étaient bien lourds de souvenirs rapportés.