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Lundi 16 juillet 2007 1 16 /07 /Juil /2007 14:36

Canailles de CM2

 

 

 

Suite et fin... du roman de Renart réinventé

 

 

 

 

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Editions Maîtresse.com

 

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Textes et llustrations de

 

 

 

Flore ANSEL

Ophélie CLERET

Laurine DEBONNIERE

Valentin FASSEL

Eric FREYTAG

Guillaume JACQUET

Dylan KAUFFMANN

Alexia KELLER

Ophélie LASFARGUE

Arnaud LISSE

Solène MEYER

Maryline NEFF

Célia OTTENWAELDER

Daphné RENARD

Morgane REVELANT

Anthony RITZENTHALER

Alexandre SALMAN

Océane SANTOS RODRIGUES

Maxime SCHMIDT

Louis SPRUNGARD

Pierrick THORR

Anicée VERCHERE

Astrid WILLIG

Lucille WISS

Maxime ZOPP

 

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2007, Maîtresse.com, Ingersheim

Déposé en mai 2007

Imprimé à l'école du Centre par miss Print

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SOMMAIRE

 

 

 

Aventure 1 : Les nouvelles ruses

 

 

 

Aventure 2 : Renart kidnappé par Noble le lion

 

 

 

Aventure 3 : Renart perdu dans la forêt

 

 

 

Aventure 4 : Le fils de Renart

 

 

 

Aventure 5 : Renart au Paradis

 

 

 

 

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Canailles de CM2

Suite et fin... du roman de Renart réinventé

 

 

 

 

 

 

Non, Renart n'est pas écrit avec faute du début à la fin de notre roman...

Oui, il s'agit du prénom de notre goupil ! Renart avec un « T »

 

 

 

Découvrez au fil des pages les péripéties extravagantes d'un petit goupil de la forêt.

 

 

 

Pas bien malin, avec un don certain pour se mettre dans de beaux draps à chaque fois, Renart nous emmène à la découverte de sa vie riche en rebondissements.

 

 

 

Mais... chut ! Lisez plutôt...

 

 

 

 

 

 

Par Canailles de CM2 - Publié dans : RECREATION
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Lundi 16 juillet 2007 1 16 /07 /Juil /2007 14:32

Aventure 1 :

Les nouvelles ruses

 

En 1550, dans une forêt paisible et lointaine, vivait un goupil qui se nommait Renart. Il était grand, mince et brun. C'était le moins rusé de tous les goupils que la forêt connaissait.

Renart se logeait dans un terrier, au milieu d'une belle et vaste clairière, séparée par un petit ruisseau. Renart pouvait s'y désaltérer à volonté et y faire sa toilette quotidienne puisque le cours d'eau longeait son habitation. Certains jours, des biches et des lapins venaient manger l'herbe fraîche. Des oiseaux et des papillons virevoltaient dans le ciel turquoise et des abeilles butinaient dans des champs de fleurs multicolores.

L'antre de Renart était finement meublé : il y avait un lit de bois de chêne, recouvert d'une couverture en peau de biche. Mais la pièce la plus intéressante de tout le terrier, c'était la cuisine... Là, gisaient plein de gros poissons et de beaux jambons que Renart avait volés dans une ferme.

Depuis deux ans que le goupil habitait cet endroit fabuleux, il avait passé son temps à inventer de terribles nouvelles ruses...

 

Non loin de là, vivait Elise, une jeune et belle goupil. Elle mit au monde deux petits goupilleaux. L'un était roux et petit ; l'autre était brun et grand. Ensemble, les deux frères passaient leurs journées à faire des farces aux animaux de la forêt. Un jour, ils rencontrèrent Renart.

La rencontre de Renart avec les deux frères

 

Renard dit :

·         Bonjour, comment vous appelez-vous ? Je ne vous ai jamais vus ici...

·         Je suis Léon, et voici Léo, mon frère cadet. Et vous, comment vous appelle-t-on ?

·         Je me nomme Renart et je suis le plus rusé de tous les animaux de cette forêt ! se vanta-t-il.

·         Ah bon ? C'est ce qu'on va voir, rétorquèrent les deux petits goupils.

Aussitôt, Léo grimpa le long d'un tronc de pommier. Arrivé au sommet de l'arbre, Léo cueillit les pommes les plus juteuses et mûres. Au même moment, au pied du tronc, Léon cria :

·         Renart, retournez-vous de suite ! Quelqu'un vous demande !

A l'instant précis où Renart se retournait pour se rendre compte que Léon lui avait menti, il fut surpris par une violente douleur dans la nuque. Il sentit ensuite quelque chose dégouliner le long de son corps. Il passa sa patte dans le dos et la lécha. Sa langue avait comme un arrière goût de pomme bien mûre, à la limite du carrément périmé. Un éclair de lucidité illumina sa pensée et il comprit qu'il était victime d'un bien vilain tour...

C'est alors qu'il entra dans une colère folle : il tapa du pied, hurla, se roula par terre, se cogna la tête contre l'arbre et une rafale de pommes s'abattit sur lui. Plus furieux que jamais, il décida de se venger de ces deux affreux petits malfaiteurs. Mais avant de mener son stratagème, il lui fallait avoir les idées claires. Et en premier lieu, un pelage soyeux et propre.

 

Renart alla se débarbouiller dans un bras de la rivière de l'Arc-en-Ciel. Il n'avait pas remarqué que Léo et Léon l'avaient suivi... Les deux compères, en voyant Renart penché sur la rivière, eurent une brillante démangeaison... N'arrivant plus à retenir leurs pulsions, ils poussèrent le canidé dans les flots tumultueux.

Renart tombé dans la rivière de l'Arc-en-Ciel

 

Renart fut emporté par le courant, si bien qu'il coula et but une grosse tasse d'eau salée et glaciale. Il ne s'étouffa pas pour autant et gigota pour essayer de remonter à la surface. Lorsqu'il y parvint, il cria de toutes ses forces :

·         Au secours... Blurp... A l'aide... Blurp... Sais pas... Blurp... Nager...

Pris de panique, sentant la fin toute proche, Renart se mit à pleurer ; lorsque soudain, il vit dépasser une branche hors des flots. Prenant son courage à deux pattes, il se concentra sur la branche : c'était sa dernière chance de survie. Tchac ! Le voilà accroché à son arche de Noé.

Sauvé, le rescapé respira et souffla un grand coup. Il s'agrippa de tout son long à son radeau de fortune. Mais le courant s'accélérait... Dangereusement même. Et puis, un bruit assourdissant grondait de plus en plus fort. Renart, avec ses pattes, rama à contre courant : il sentait qu'un nouveau danger s'annonçait. Il eut raison de se méfier : le cours d'eau se dirigeait droit vers une cascade. Renart fut encore une fois mis à rude épreuve. Il se mit debout sur le rondin de bois et essaya de courir, pensant bêtement pouvoir regagner les berges. Au contraire, le rondin de bois tournoyait encore plus rapidement vers la cascade. Avant même que Renart s'en rende compte, il dévalait la chute d'eau.

Renart dans la cascade

Après cette chute mouvementée, il fut rejeté sur les berges et s'endormit pour reprendre des forces. Il avait eu si peur ! Renart dormait profondément depuis un quart d'heure à peine lorsqu'une odeur asphyxiante envahit ses narines. Le goupi se réveilla et se surprit en train de se lécher les babines ; il avait reconnu cette odeur... La bouillabaisse de poisson... mélange délicat de carpe, de truite et de poisson pané. Il bondit hors de son rêve, et droit sur ses pattes, il se rua vers la bonne odeur. Une fois encore, il manqua de discernement et se fit piéger.

 

Renart dans le piège

Il se félicita de son festin mais commença à perdre patience ! Il ne savait pas comment remonter. Désespéré, il leva la tête vers la seule issue. C'est là qu'il vit les deux frères, Léo et Léon, ricaner. Renart les interpella :

·         Aidez-moi ! Venez m'aider à remonter !

·         Très bien, répondit Léo.

·         Mais alors, cessez de dire que vous êtes le plus rusé, intervint Léon.

·         Et admettez que nous sommes plus rusés que vous !!! conclut Léo.

Renart accepta le marché. Sitôt sorti de sa prison de terre, il demanda à ses sauveurs :

·         On pourrait former une équipe tous les trois...

·         Pour quoi faire ?

·         Plein de ruses pour piéger les animaux...

·         C'est une super méga idée ! Allons fêter ça en disputant une partie de forêt' ball.

·         Une quoi ? questionna Renart.

·         Une forêt' ball. C'est une partie de basket ball qui se joue en forêt. Tout simplement.

C'est ainsi que tous les trois se dirigèrent vers leur terrain de jeu. Ils avaient joué dix minutes à peine lorsqu'ils furent interrompus par la visite d'Ysengrin, le loup noir de la forêt.

·         Puis-je me joindre à vous ?

·         Mais bien sûr, mon cher Ysengrin. Viens...

Le loup fut à peine arrivé sur le terrain que les trois goupils lui lancèrent le ballon en pleine figure, et partirent en courant et en rigolant. Ils étaient fiers d'avoir fait d'Ysengrin leur première victime. Le début d'une terrible série de farces était en marche.

Ysengrin recevant le ballon en pleine figure

 

Par Alexia, Anthony, Célia, Louis, Maxime, Ophélie - Publié dans : RECREATION
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Lundi 16 juillet 2007 1 16 /07 /Juil /2007 14:29

Aventure 2 :

Renart kidnappé par

Noble le lion

 

Renart était isolé et enfermé dans les souterrains du volcan interdit, propriété privée de Noble le lion. Seul et triste, il s'ennuyait de ses amis.

 

Noble le Lion était musclé et fort. Il faisait peur avec sa mâchoire grande ouverte sur des crocs de la taille d'un chinchilla. Il avait un pelage jaune or marqué d'une cicatrice qui lui traversait le flanc de tout son long. Il avait aussi deux pattes brûlées au troisième degré. Cette blessure-là, il l'avait gagnée en explorant le volcan. Mais malgré ces blessures, il avait les yeux d'un bleu magnifique, entourés d'une belle crinière qui lui descendait jusqu'au bout des griffes. Noble le Lion était respecté de tous les animaux.

 

Renart se souvint de toute l'histoire...

Il y a quelques jours de cela, il était parti chasser avec Ysengrin le loup. En chemin, ils avaient rencontré Noble. Ce dernier était coiffé d'une belle couronne sertie de rubis et d'émeraudes. Renart la désirait dangereusement. C'est alors qu'il proposa de mettre l'objet de convoitise sur le tapis d'une partie de poker. Noble, qui était sûr de gagner accepta, pour s'amuser. Mais Renart remporta la partie, et Noble, furieux, le captura et l'enferma dans les souterrains du volcan, afin de ne pas payer sa dette.

Renart, perdu dans les souterrains

Renart chassa cet horrible souvenir de sa mémoire pour se prendre en main. Lui aussi, il était furieux : il avait gagné la partie, non ? Noble s'était montré terriblement mauvais perdant. Renart jura que son adversaire le paierait un jour... ou pas... Noble était quand même bien impressionnant !

Le goupil chercha désespérément la sortie de cette grotte. En marchant, il se perça les coussinets des pattes sur de minuscules stalagmites. La douleur était si atroce qu'il se tint la patte et sauta à cloche-pied pour évacuer le mal. Par malchance, en sautant, il se déchira un bout d'oreille... Il y avait aussi des stalactites !

 

Renart, désespéré, dans le volcan

Fatigué par cet épisode douloureux, le malheureux blessé s'évanouit.

 

Lorsqu'il se réveilla, il eut une étrange sensation. Tout son corps le démangeait. Il ouvrit un oeil... puis l'autre... Soudain, il constata que son pelage, à l'habitude roux et brun avait viré au rouge vif. Il remarqua aussi de petites mais profondes morsures. Il en avait des milliers.

Tout à coup, un bruit strident se fit entendre. Pris de panique, Renart se boucha les oreilles et ferma fort les yeux. Lorsqu'il les rouvrit, il aperçut une nuée de chauve-souris qui tentaient de lui grignoter les quelques centimètres de peau encore intacts. Renart chercha à s'enfuir et courut droit devant lui. Il n'avait aucune idée de l'endroit où il allait. Les chauve-souris le suivaient... à toute allure. Mais soudain, le goupil sentit le vide sous ses pieds. Il passait au dessus d'un gouffre. Sa chute lui parut interminable. L'atterrissage lui fut violent, et à nouveau, il s'évanouit ! Encore !

 

Les jours passèrent... Un matin... enfin... cela, Renart ne pouvait le savoir puisqu'il était dans les confins d'un volcan... Toujours est-il qu'un matin, le goupil se réveilla. Ne sachant que faire, il se mit en marche. Il se retrouva nez-à-nez avec un gros caillou blanc sur lequel était posé une torche. La providence lui avait souri.

Renart trouvant la torche

 

Après une longue journée, passée à examiner la torche, à l'allumer, à l'éteindre, à tester sa solidité en la laissant tomber à terre maintes fois, à la lancer contre les stalagmites et stalactites... Renart s'assit à terre. Il avait passé la journée à gaspiller et à détériorer le seul objet qui aurait pu lui permettre de sortir de cet enfer.

Las, il vit à ses côtés une pierre pour faire du feu. Il s'exécuta mais... déjà la flamme commençait à faiblir. Il s'activa pour chercher du combustible afin de raviver son feu, mais n'en trouva guerre. Ensuite, il souffla sur les braises pour les réanimer. En vain. Pas de flammes... Le comble, il était dans un volcan !

Renart enfermé avec la torche abîmée

 

Après cette petite mésaventure, Renart partit à la recherche de victuailles. Tout à coup, il entendit des rugissements inquiétants. Il s’avança sur la pointe des griffes pour essayer de trouver origine à ce bruit. Il se rendit compte que ce n’étaient que les échos. Ouf ! Maintenant que sa torche était éteinte, il était dans l’obscurité totale. La peur l’envahissait car il entendait des grattements. En réalité, ce n'était que Noble le lion qui zigue-zaguait, tel un bolide, dans les souterrains, au volan de sa porsche. Le tout dernier modèle. En gris métallisé.

 

Pris de panique, il s'enfuit droit devant lui, sans réfléchir. Soudain, il stoppa net. Il était nez-à-nez avec Brun.

 

Brun était un ours génétiquement modifié : il était plus grand qu'un titan, et plus gros qu'une baleine. Il avait des yeux rouges, aussi grands que les phares d'une limousine. Brun avait une particularité : on ne le voyait jamais sans un cigare au coin de la bouche. Un cohiba... Les meilleurs !

 

Renart poussa des hurlements de terreur :

·         Au secours ! A moi !

·         Pourquoi cries-tu ainsi ?

·         Que vous avez de grands yeux rouges...

·         C'est pour mieux te voir mon Renart !

·         Que vous avez un long nez...

·         C'est pour mieux te sentir...

·         Que vous avez une grande bouche...

·         C'est pour mieux te parler...

·         Que vous avez de grosses jambes...

·         C'est pour mieux te courir après, mon enfant...

Renart, qui s'était pris au jeu des « questions-réponses » commençait doucement à s'amuser. Mais cette dernière réponse, le laissa perplexe. Il tenta une dernière approche..

·         Que vous avez un long cigare...

·         C'est pour mieux... te CUIRE ! Mon enfant !!!

Le goupil prit la poudre d'escampette... Brun, qui avait grand faim, était à ses trousses. Il n'allait pas laisser passer de la si bonne viande !

Ils détalèrent tous deux d'un bout à l'autre du volcan. En chemin, ils dépassèrent Noble qui était toujours aux commandes de son bolide. Ils croisèrent également la famille des nombreuses chauve-souris qui avait déjà festoyé sur le dos de Renart.

Le goupil allait si vite qu'il avait du mal à respirer. Il ouvrit la bouche pour laisser entrer plus d'oxygène. Il se gonfla les poumons... Quel bonheur ! Cela ne dura pas, en une fraction de seconde, une chauve-souris qui avait perdu le contrôle de ses ailes s'était engoufrée dans la gueule de Renart.

Les souterrains effrayants

Renart s'arrêta pour tousser et essayer d'expulser hors de lui ce corps étranger. Pouah ! Renart avait une haleine de cheval. Il sortit alors sa brosse à dents en os de poulet et son dentifrice en lapin de garenne (il les conservait toujours dans l'une des poches de son pelage). Renart se frictionna les dents. Cela lui donna faim. Il sortit alors une boîte de conserve. C'était de la sauce tomate garantie pur biche. Il n'avait pas trouvé de carne pour accompagner le liquide. Ma foi, tant pis, il ferait contre mauvaise fortune bon coeur.

Le goupil était bien crédule, il avait complètement oublié que Brun était derrière lui. L'ours lui arracha la boîte de conserve, la lui déversa sur le corps et fit un feu pour y rôtir Renart... Renart frissonnait, des gouttes de sueur de la taille d'une bassine lui tombaient du front. Il sentait la chaleur roussir ses beaux poils roux. Ca y est... Cette fois-ci c'était bien la fin... Adieu son terrier, adieu les blagues, adieu les crises de rire avec Ysengrin... Finalement, il l'aimait bien, son ami le loup... Renart regrettait à présent de lui avoir si souvent joué de si vilains tours. Il aurait voulu le lui dire en cet instant précis... Mais Ysengrin n'était pas là... Et lui, il était attaché comme un dindon que l'on allait farcir pour un dernier repas...

Ce coup-ci, ça y était, il sentait les flammes lui caresser le dos... Il ouvrit un oeil, puis l'autre... et il ne vit pas de flammes ardentes. Il voyait son bon vieux lit au dessus de lui. Pas de casserole, pas d'ours, ni de lion... Renart mit une éternité avant de se rendre compte qu'il avait tout simplement fait l'un de ses pires cauchemars. Les draps étaient trempés, et Renart était tombé au sol. Rassuré, il se recoucha. Il était fatigué d'avoir dormi et avait beaucoup à récupérer.

 

Il fit une sieste qui s'éternisa sur quatre longues journées... A son réveil, il avait grand faim... Qu'allait-il manger ?

 

Renart, dans son terrier, bien au chaud

 

Par Alexandre, Anicée, Dylan, Guillaume, Morgane, Solène - Publié dans : RECREATION
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Lundi 16 juillet 2007 1 16 /07 /Juil /2007 14:25

Aventure 3 :

Renart perdu dans la forêt

 

Depuis longtemps déjà, la famine frappait tout le pays : une dangereuse et contagieuse épidémie affectait les petits rongeurs. Ces derniers périssaient dans d'atroces souffrances... Ils perdaient leur peau et leur queue, leurs dents noircissaient et finissaient par tomber de pourrissement. Leur cerveau se trouait et se liquéfiait peu à peu, ne laissant aucune chance de survie à quiconque souffrait de ce mal.

Renart était touché par ce fléau : il ne pouvait plus se nourrir de ces petits rongeurs dont il était friand. Victime de la famine, son estomac se creusait dangereusement. Alors, le malheureux décida de partir à la recherche de quelque nourriture. En chemin, il s'arrêta au pied d'un arbre pour y cueillir de belles pommes rouges et toutes lisses. Il nettoya les fruits de leurs microbes et poursuivit son chemin en chantant, en sautillant et en grignotant. Soudain, il sentit un chatouillement dans un recoin de sa bouche. Il toussota et recracha l'objet de son désagrément. Dans sa main, il surprit un ver se tortillant de stupeur. Renart saisit l'asticot, l'enfourcha d'une brindille et le fit cuire au barbecue. Il se délecta de son maigre festin.

Il eut à peine le temps de digérer qu'il entendit un vrombissement étrange. Il vit alors un escargot volant qui dépassait largement les deux cent kilomètres par heure. Le gallinacé rejoignait l'autoroute des nuages. Un panneau avertissait : « Attention, passage d'escargots volants ». Renart, surpris, crut que la digestion du ver lui avait donné des hallucinations. Pris de panique, le jour déclinant, le goupil jugea plus sage de s'allonger sur une pierre, à l'ombre d'un arbre, afin de trouver le sommeil.

Renart, la nuit

 

Durant la nuit, le goupil fit un songe... Dans son cauchemar, il se faisait manger par un escargot volant qui vrombissait encore plus vite que l'éclair. Dans un soubressaut de tremblements d'estomac, Renart se réveilla. Il constata avec bonheur que rien de ce qu'il venait de vivre n'était réel. Il se frotta les yeux et...

Renart à la rencontre d'Hermeline

Quelle ne fut pas sa surprise ! Il écarquilla les yeux devant un ange. C'était une magnifique renarde.

 

Elle portait du rouge à lèvre et un sac à mains en peau de crocodile Chanel. Elle avait une robe soyeuse chatain clair. Elle venait probablement juste de faire sa toilette. De plus, elle devait quitter le salon de coiffure, parce qu'elle portait un grand, beau et élégant noeud bleu avec des tachettes oranges. Le noeud en question était posé au sommet de son crâne, entre deux oreilles superbement dessinées. Apparemment, elle était coquette ! Ce qui ravit notre bon vieux célibataire de Renart.

La belle demoiselle portait aussi des boucles d'oreille dépareillées : l'une était sertie d'un saphir, l'autre d'un rubis. Pour rajouter de la couleur, elle avait orné son cou d'un collier agrémenté de ravissantes émeraudes. Détail amusant, elle portait de hautes bottines à talon... Geox, les bottines... Vous savez, la chassure qui respire.

·         Peut-être sent-elle mauvais des extrémités ? se questionna Renart.

·         Pardon ? demanda la demoiselle...

·         Oh... non, rien, expliqua Renart qui venait juste de prendre conscience qu'il s'était exprimé à haute voix.

Il se râcla la gorge, se mit du « pschitt-pschitt » dans la bouche pour en adoucir l'haleine et sortit le grand jeu :

·         Alaurrrrs, Queuu faiteuu-vous dans les parraaages, ma belle ?

·         Je passais juste cueillir quelques fleurs. Par ici, on trouve les plus belles de toute la forêt.

·         Oh... Pardonnez-moi, je suppose que je viens juste de m'essuyer les pieds sur votre bouquet... je suis confus, si confus...

·         Oh, ce n'est rien, c'est de ma faute, je n'aurai pas dû le laisser à même le sol...

·         Laissez-moi vous dédommager...

·         Mais comment ?

·         Je vais vous aider à refaire un bouquet. Encore plus merveilleux que le précédent !

·         Si vous voulez bien... Ce serait un grand bonheur pour moi que d'avoir de la conversation pendant que nous ferons cueillette...

Et comme beaucoup de filles, la jeune rencontre de Renart s'avéra être un véritable moulin à parole sur pattes. Renart avait la cervelle qui enflait. Il n'allait pas tarder à s'envoler, comme les montgolfières... Quand ça chauffe à l'intérieur, ça décolle à l'extérieur !

 

Le temps passa et Renart se rendit compte que malgré tout, il appréciait sa présence.

·         Comment vous appelez-vous, belle renarde ?

·         Hermeline, et vous, mon cher monsieur ?

·         Je suis Renart !

·         Accepteriez-vous de venir dîner chez moi ?

·         Oh, j'en serais ravi !

·         Alors venez à dix-neuf heures...

Hermeline lui fit un plan... A gauche, puis à droite, sous le pont, le troisième arbre à gauche, stop au feu tricolore...

 

Renart rentra faire sa toilette et se mit en chemin. Il arriva à un croisement et prit le chemin de gauche, alors que la maison d'Hermeline était plutôt à droite... Renart arriva donc chez Ysengrin.

L'antre d'Ysengrin

Il monta sur le seuil de la porte du loup et sonna sans savoir qui était le propriétaire qu'il allait déranger. Ysengrin lui ouvrit sa porte.

 

Ysengrin était tout petit et vraiment trop maigre... Il ne mangeait pas à chaque repas, c'était sûr ! Son pelage n'avait pas été lavé depuis des semaines entières, mais il avait une belle couleur noir-ténébreux. Par-ci, par-là, on pouvait voir que la fourrure lui manquait : On pouvait voir ses côtes sans soucis puisque Brun l'ours l'avait mordu à cet endroit, et les poils n'avaient jamais repoussé. Ysengrin souffrait aussi de malnutrition, et une calvitie naissante se propageait depuis le haut de son crâne jusque dans le cou.

 

Le loup était ravi de cette aubaine. Il prévint Renart :

·         Très bien... Tu vas me servir de déjeûner !

·         Pas aujourd'hui ! renchérit Renart avant de s'enfuir à toute allure.

Une folle course-poursuite commença. Renart courait le plus vite possible. De temps en temps, il jetait un regard en arrière pour voir si Ysengrin le rattrapait... ou pas. Au début, celui-ci tenait l'effort. Mais plus le jeu de jambes s'éternisait, plus il fatiguait. Ysengrin mourrait de faim, et il stoppa net : il transpirait, avait des fourmis au bout des doigts : une crise d'hypoglycémie le guettait.

Renart et le gnôme

Au bout d'un certain temps, Renart se rendit compte que son prédateur avait déclaré forfait. Il s'arrêta donc pour, lui aussi, reprendre des forces. Il se dandina d'arbre en arbre. C'est à ce moment là qu'il fit la connaissance de Guillaume le gnome.

 

Guillaume était vêtu comme un employé d'EDF : chapeau bleu, veste bleue, grands yeux bleus... Rien que du bleu ! Sa peau était lisse et douce, comme celle d'un bébé. D'emblée, Renart sentit que ce gnome pourrait le tirer d'affaire. Il avait l'air gentil et honnête, ce qui était plutôt rare dans le coin, Renart était extrêmement bien placé pour savoir cela !

 

Alors, le goupil engagea la conversation :

·         Bonjour, cher ami...

·         Bonjour, que fais-tu là, ici, à cette heure-ci ?

·         Bien, c'est que j'ai rendez-vous à dix-neuf heures... Je suis invité à partager le repas avec une charmante demoiselle du nom d'Hermeline. Avez-vous déjà entendu parler d'elle ?

·         Absolument, ce n'est pas très loin d'ici. Mais dépêchez-vous, il est déjà dix-huit heures cinquante-cinq !

·         Mais je ne serai jamais à l'heure !

·         Venez, je connais un raccourci...

Et ils partirent tous deux au pas de course. Guillaume le déposa juste sur le paillasson du rencart de Renart.

·         Merci, mon sauveur !

·         Mais de rien, allez, bonne soirée !

 

Renart sonna, Hermeline ouvrit et Renart entra. Ils se regardèrent longtemps sans dire un mot. Ils rougissaient, se plaisaient mais n'osaient pas se le dire. Hermeline brisa le silence :

·         Renart, je t'aime bien, tu sais...

·         C'est que... Oui... Hmmm... Moi aussi !

Et voilà comment débuta une formidable histoire d'amour entre ces deux tourtereaux. Ils s'aimaient et n'avaient que faire du reste.

 

Renart chez Hermeline

 

Par Alexandre, Anicée, Dylan, Guillaume, Morgane, Solène - Publié dans : RECREATION
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Lundi 16 juillet 2007 1 16 /07 /Juil /2007 14:20

Aventure 4 :

Le fils de Renart

 

 

 

Il y avait une clairière aux abords d'une grande vallée paisible en plein creux de la montagne. Toutes sortes d'animaux y vivaient calmement. On pouvait croiser des cerfs, déjeuner avec des biches, se promener avec des lièvres, discuter avec des ours, et jouer avec des goupils... surtout un ! Avec lui, on faisait les quatre cent coups. C'était Renart, bien sûr.

Hermeline et Renart passaient des jours heureux au terrier, mais Hermeline voulait des petits. Le terrier serait alors trop étroit. C'est ainsi qu'ils décidèrent d'un commun accord de partir s'installer dans la vieille grange désaffectée. Aussitôt dit, aussitôt fait. Les bagages aussi.

La demeure de la famille de goupils

Leur nouvelle demeure, délaissée depuis des siècles, abritait une population incroyablement repoussante : Renart et Hermeline découvraient les lieux en enjambant serpents, en évitant araignées et en chassant rongeurs. Hermeline, surmontant sa panique, invita son mari à un grand nettoyage de printemps.

Renart était sur-motivé, mais toujours aussi maladroit. En balayant, il glissa sur une peau de serpent. Dans sa chute il enfouit sa tête dans une immense toile de mygale. Il ouvrit la bouche pour pousser des hurlements de terreur et l'araignée en profita pour entrer visiter les confins abyssaux des organes de Renart. A partir de cet instant-là, une indigestion chronique s'empara du goupil. Il ne put digérer l'araignée que bien plus tard. Pendant le congé de maladie de Renart, Hermeline avait briqué la vieille grange et l'avait transformée en palais douillet.

 

 

 

Les jours passèrent et une chose merveilleuse était sur le point de se produire : Hermeline s'apprêtait à mettre bas. Renart, qui était gynécologue, s'occupa de sa femme avec tellement d'attention que pour une fois, il ne commit aucune gaffe. Il était fébrile : il voyait déjà un petit bout d'oreille. Puis une tête... Si petite que Renart eut du mal à l'attraper. Il tira le petit corps et découvrit son fils.

Ron-Ron, le nouveau venu dans la famille

Ron-Ron avait bien grandi depuis que ses parents lui avaient donné le jour. Il avait un fort caractère et il désobéissait souvent à ses parents. Il passait ses journées à transformer la vieille grange en capharnaüm. Par exemple, un matin, il se servit des assiettes en porcelaine pour faire une partie d'ultimate avec un essaim d'abeilles. Le lendemain, il utilisa le fil dentaire de son père pour fabriquer un lance-pierre. Il brisa ainsi tous les carreaux des fenêtres de la maison. Renart et Hermeline eurent un méchant rhume pendant trois longues semaines. Un autre jour, il détruisit le sol de sa chambre en se servant des planches arrachées pour faire de la luge dans les escaliers.

 

 

 

Dans l'après-midi du lundi de pâques, Renart, Hermeline et Ron-Ron firent une balade à la campagne. Ron-Ron s'éloigna de ses parents pour explorer les alentours.

Derrière un fossé, il surprit Léo et Léon qui se disputaient une sauterelle grillée au feu de bois. Ron-Ron demanda :

·         Bonjour, voulez-vous être mes amis ?

·         Oh, oui, ce serait marrant. On connaît déjà ton père, Renart.

·         Comment savez-vous...

·         Tu lui ressembles énormément !

Les trois compères partirent à l'aventure et découvrirent un grand baobab esseulé.

L'exploration du baobab

 

 

 

Les trois nouveaux amis trouvèrent l'arbre majestueux à leur goût et ils décidèrent donc de l'aménager en cabane. Ils commencèrent par monter jusqu'à la cîme pour observer les paysages magnifiques qui s'offraient à eux. Ils passèrent un long moment à observer la nature : ils virent Renart et Hermeline courir dans tous les sens, probablement à la recherche de leur fils. Devant ce spectacle, le farceur Ron-Ron se tordait de rire au point d'attraper un poing de côté. La douleur était telle qu'il ne cessait de gesticuler sur sa branche, si bien qu'elle céda et Ron-Ron dévala le long du tronc en se cognant aux autres branches.

·         Pas de doute ! C'est bien le fils de Renart !!! s'exclamèrent les deux frères en choeur.

Léo et Léon descendirent à leur tour et tous trois partirent à la recherche de matériel pour aménager leur nouvelle cabane.

Les travaux de la nouvelle cabane

 

 

 

Ils trouvèrent des bouts de bois, des branchages et tout un tas de feuilles. Ils avaient même essayé de voler les bois d'un cerf, en vain. Mais c'était peu, il leur fallait davantage de matière première. Ron-Ron proposa alors de retourner dans la grange où il vivait. Là-bas, il y aurait tout un tas de choses inutiles à prendre...

Une fois arrivé, Ron-Ron commença par rassurer son père qui était mort d'inquiétude. Hermeline n'était pas là. Le jeune fugitif expliqua sa brillante découverte :

·         Je me suis éloigné pour visiter les alentours. En chemin, j'ai rencontré deux collègues à toi, papa. Ils sont venus avec moi.

·         Oh, mais je vous reconnais ! grogna Renart en apercevant les nouveaux amis de son fils. Vous êtes Léo et Léon... Quel bon vent vous amène ?

·         Nous sommes venus chercher de quoi nous construire une cabane au sommet d'un gigantesque baobab !

·         Mais faites, faites... répondit Renart sur un ton plus que laxiste.

 

 

 

Ron-Ron et ses amis retournèrent vers leur baobab, chargés de planches, de draps, de fauteuils, de meubles... et même de trois petits lits! Ils avaient profité de l'absence d'Hermeline qui ne leur aurait sûrement pas permis d'emporter la moitié des meubles de la maison !

Les yeux plus gros que le ventre, Ron-Ron n'avait pas bien mesuré la quantité des choses emportées : tant bien que mal, mais sur les rotules, ils arrivèrent au pied de leur arbre. Epuisés, les trois compères firent une petite sieste pour reprendre des forces. Leur manque d'énergie était tel qu'ils ne se réveillèrent qu'en fin d'après-midi. Le soleil avait déjà commencé sa descente vers le sommeil.

·         Quoi ? Il est déjà si tard ? s'interloqua Léo.

·         Dépêchons-nous de construire notre cabane avant le crépuscule, proposa Léon.

Et ils se mirent au travail. Lorsque la cabane fut prête à les accueillir, il faisait déjà nuit noire. Ron-Ron proposa de passer la nuit sur place. Son idée fut la bienvenue, car ils avaient tous peur du noir, et ils n'osaient pas se l'avouer.

 

 

 

En plein milieu de la nuit, Léon se mit à ronfler si fort que les deux autres crurent à un tremblement de terre.

 

 

 

Les trois compagnons se sentaient tellement bien dans leur nouvelle maison, qu'ils décidèrent d'y rester trois semaines entières.

Durant tout ce temps, les parents de Ron-Ron, s'inquétaient de la disparition de leur fils. Ils se disputaient et se jetaient des mots à la tête. Hermeline en voulait à Renart :

·         Pourquoi les as-tu laissés partir ?

·         Je pensais qu'ils reviendraient le soir...

·         Et maintenant, à cause de toi, les voilà en liberté dans la nature depuis déjà presque un mois entier !

 

 

 

La nuit, dans la cabane

·         Excuse-moi, je ferai plus attention la prochaine fois...

·         C'est trop tard, sors d'ici ! Il n'y aura pas de prochaine fois.

En pleurs, Renart fit un maigre baluchon et retourna vivre, seul, dans son ancien terrier. Les jours passèrent ; il ne se consolait pas. Hermeline lui avait envoyé les papiers du divorce et elle réclamait la pension alimentaire pour son fils : apparemment, Ron-Ron était rentré au bercail. Ce dernier manquait terriblement à Renart.

Un jour, le malheureux goupil alla se promener en forêt. Il y rencontra une nouvelle muse... Clotilde.

Clotilde, la rencontre de Renart

Par Arnaud, Astrid, Daphné, Eric, Laurine, Valentin - Publié dans : RECREATION
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